L’art des travaux sylvicoles en régénération naturelle

Les changements climatiques soulèvent de nombreuses questions en termes de gestion sylvicole. Parmi elles, quelle place donner à la régénération naturelle, comment la favoriser et, surtout, en tirer le meilleur parti ? L’expertise développée en la matière par les entrepreneurs de travaux forestiers constitue dès lors une réelle plus-value pour les propriétaires forestiers.  

À l’heure d’envisager un renouvellement de peuplement, plusieurs options s’offrent au propriétaire forestier : la plantation, la régénération naturelle ou la combinaison de ces deux méthodes car l’une n’exclut pas l’autre. Toutefois, travailler avec et pour la régénération naturelle requiert une certaine technicité et des compétences particulières. Des compétences dont disposent les entrepreneurs de travaux forestiers membres de l’Union des Entrepreneurs de Travaux Forestiers de Wallonie (UETFW, qui fait partie de la Confédération Belge du Bois). Pour sensibiliser les propriétaires forestiers à la diversité et à la technicité des travaux forestiers en régénération naturelle, le 2 juillet dernier, la Société Royale Forestière de Belgique (SRFB) a organisé une journée d’échanges sur le terrain en collaboration avec l’UETFW. À travers différents itinéraires de renouvellement et de démonstrations de travaux de dépressage en régénération naturelle sur plusieurs parcelles forestières, les participants ont pu découvrir de bonnes pratiques et poser leurs questions. 

Dans beaucoup de métiers techniques, et d’autant plus en matière de sylviculture vu l’évolution du climat, l’évolution des compétences est un enjeu phare pour rester au fait de son art. Ce n’est pas pour rien que l’UETFW prépare, pour ses membres, la mise en place d’une charte mettant notamment l’accent sur la formation continue. « Il est loin le temps où les entrepreneurs de travaux forestiers se limitaient à planter, dégager et élaguer », explique François De Meersman, secrétaire général de la Confédération Belge du Bois. « Même les techniques de plantation évoluent pour permettre de meilleures reprises. Les changements climatiques ont accéléré le mouvement. Tout se complexifie, les forêts se diversifient et les incertitudes augmentent. Dans ce contexte, la montée en compétences n’est plus une option mais un minimum requis. Outre ce projet de charte, nous essayons, par exemple, de multiplier les interactions entre nos membres pour enrichir les expériences. L’excursion annuelle des entrepreneurs de travaux forestiers, sous la forme d’une journée d’étude, vise, elle aussi, cet objectif d’apprentissage convivial et ludique. » 

Interventions plus fréquentes mais plus légères en régénération naturelle 

L’un des a priori tenaces quant à la régénération naturelle est qu’il suffit de laisser faire la nature. Certes, la nature peut fournir une base intéressante, mais la production de bois de qualité, la diversification et l’adaptation des essences à la station nécessitent des interventions humaines. En règle générale, la régénération naturelle exige une approche différente d’une plantation classique. Pour en tirer le meilleur, il est important que les interventions soient plus fréquentes les premières années. L’avantage est que cette approche permet des travaux plus légers. Cela nécessite donc de sortir de certains schémas de planification des travaux forestiers. Sur la base des expériences de terrain, ces interventions plus régulières mais plus ciblées présentent le meilleur potentiel pour augmenter la résilience des nouveaux peuplements en régénération naturelle. 

Les interventions sont généralement les suivantes : préparations de terrain ciblées dans les zones à enrichir par plantation, plantations d’enrichissement, tailles de formation, dépressages dans la régénération naturelle… L’importance des travaux étant fort variable en fonction des situations de terrain, le travail en régie devient plus souvent la meilleure solution pour le propriétaire et l’entrepreneur de travaux forestiers. 

Les interventions en régénération naturelle peuvent être facilitées, et ceci d’autant plus sur de grandes parcelles en régénération, par l’installation de filets sylvicoles qui facilitent la réalisation des différentes interventions telles que le dépressage, les tailles de formation, un éventuel élagage… Ils permettent également de se retrouver plus facilement dans la parcelle et de ne pas oublier d’intervenir dans certaines parties du peuplement.  

Les échanges entre entrepreneurs de travaux forestiers et propriétaires/gestionnaires forestiers ont mis en lumière l’intérêt d’aborder la régénération naturelle bien en amont afin d’aligner les points de vue quant à la délicate question des préparations de terrain. Un point non négligeable en termes d’anticipation et, surtout, d’optimisation des dépenses financières. Là aussi, l’expérience des entrepreneurs de travaux forestiers est précieuse. Quelles sont les options ? Quelle alternative au broyage en plein pour conserver l’ambiance forestière et/ou pour préserver/restaurer la structure du sol et améliorer la reprise des plants ? Autant de questions qui dépendent du contexte. Un cas n’est pas l’autre, même sur un même massif forestier.  

Projets de recherche 

Cette journée fut également l’occasion d’évoquer l’intérêt pour le secteur forestier de mener des projets de recherche appliquée sur l’efficacité et la rentabilité des différents itinéraires de préparation de terrain. Ces recherches seraient d’ailleurs intéressantes pour tous les nouveaux itinéraires de régénération forestière et nouvelles méthodes associées, y compris celles de protection contre le gibier pour les plantations (en plein ou en enrichissement) qui restent souvent indispensables dans de nombreuses régions giboyeuses (clôture autour de la parcelle ou protection individuelle pour chaque plant ? Dans ce dernier cas, quel type de protection…).  

 

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