Le 14 février 2019, le Gouvernement wallon promettait une première enveloppe de 4 millions € d’indemnisations. Cette enveloppe visait les propriétaires et professionnels du secteur. D’une part, pour la dévalorisation de leurs bois. D’autre part, pour leurs pertes d’activité et pertes sur investissements. Le budget est pourtant réservé depuis 2 ans et est disponible.

Les producteurs forestiers, pépiniéristes, entrepreneurs et exploitants forestiers attendent toujours les indemnisations promises ! Et ce après plus de 14 mois d’attente. Alors même que la Belgique est déclarée indemne de Peste Porcine Africaine (PPA) depuis 6 mois et que le secteur a transmis tous les éléments objectifs de preuve des préjudices.

Qu’attend la Région wallonne pour indemniser de manière équitable les forestiers préjudiciés ?

Veut-elle inciter les producteurs forestiers, pépiniéristes, entrepreneurs et exploitants forestiers à manifester leur désarroi à Namur ? Dans le dossier de la peste porcine africaine, le Gouvernement wallon doit comprendre que la patience a ses limites !

Lire de communiqué de presse

Selon la Ministre Tellier, ce retard s’explique par un manque de personnel au sein du Département de la Nature et des Forêts (DNF). C’est en effet ce dernier qui doit mettre en place le dispositif d’indemnisation… Par ailleurs, on annonce que les indemnisations éventuelles seront dérisoires pour certaines personnes durement impactées par l’interdiction d’accès en forêt pendant près de 2 ans !

Le secteur forestier laissé pour compte : pourquoi ?

Certains forestiers ont dû arrêter leurs activités forestières des suites de la crise de la PPA. D’autres, au bord du gouffre, ont pu bénéficier de reports de paiements liés à la crise du Covid-19 ! Mais en aucun cas, ces reports ne constituent une solution pour le secteur. Il faut une indemnisation correcte des préjudices subis. Sinon, des dizaines d’entreprises et indépendants, leurs employés, ouvriers forestiers, bûcherons, débardeurs, ne pourront éviter les désastres allant pour certains jusqu’à la faillite ! Entrainant dans sa chute des familles entières victimes de cette absence de dédommagement. Pourquoi une telle inertie, si lourde de conséquences, pour les professionnels du secteur? Et ce alors que les éleveurs porcins et les ateliers de découpe de gibier ont été indemnisés dès les mois d’octobre et novembre 2018 ?

Peste porcine africaine : retour sur les faits

Le 18 septembre 2018, le Ministre Collin interdisait l’accès à la forêt de la zone infectée par la peste porcine africaine (PPA). Au fil des mois, l’épidémie se développant, la zone s’agrandissait. Les préjudices pour les producteurs forestiers, pépiniéristes, entrepreneurs de travaux et exploitants forestiers s’accumulaient.

Le 14 février 2019, le Gouvernement wallon, sur base d’une première estimation des préjudices réalisée par l’Office Economique Wallon du Bois après un appel à manifestation mi-décembre 2018, promettait une première enveloppe de 4 millions € pour indemniser les propriétaires et professionnels du secteur. Enfin leur tour venait… Après le secteur porcin indemnisé en octobre 2018 et les ateliers de découpe de gibier en novembre 2018 !

Le 20 juin 2019, le Gouvernement wallon adoptait un premier Arrêté permettant une indemisation partielle des producteurs et exploitants forestiers. Celle-ci portait sur la dévalorisation de leurs bois abattus et restés sur coupes pendant de nombreux mois, et sur les bois exposés aux attaques de scolytes entre septembre 2018 et janvier 2019. Malheureusement, les conditions d’octroi de ces indemnités étaient beaucoup trop restrictives. A tel point que moins de 10 % du budget a été utilisé pour indemniser les personnes et entreprises préjudiciées.

Vers de nouvelles manifestations?

La manifestation du secteur à Namur le 20 février 2020 a permis des avancées. Le Gouvernement a enfin autorisé la reprise de certains travaux forestiers dans la zone infectée par la PPA. Par ailleurs, le Gouvernement wallon s’était dit disposé à revoir l’arrêté du 20 juin 2019. Ceci devait élargir les possibilités de recourir à la première enveloppe de 2 millions €. Il s’était aussi engagé à vérifier auprès de la Commission Européenne si les
compensations d’inactivité (pertes d’activité et pertes sur investissement) n’étaient pas assimilées à une aide d’état pour la 2e enveloppe de 2 millions.

Le Gouvernement wallon doit comprendre qu’en l’absence de mesures concrètes et urgentes suivie d’une indemnisation rapide, le secteur forestier viendra manifester son mécontentement avec détermination.