Les fédérations de la filière forêt-bois soutiennent tout projet innovant d’aides à la régénération. Pour autant qu’il soit réaliste et axé sur la reconstitution d’une forêt productive, résiliente et structurée en vue d’une gestion rationnelle et durable. Le résineux source d’emploi importante ne doit donc pas être oublié. 15 millions d’arbres à planter en forêt wallonne. Mais quels choix pour notre forêt de demain ?

En 150 ans, la superficie de la forêt wallonne a presque doublé. Elle est passée de 300.000 ha en 1866 à plus de 550.000 ha à ce jour. Malheureusement, elle est en souffrance depuis quelques années. La forêt est victime de l’évolution climatique et de l’émergence de nouvelles maladies. Des milliers d’hectares d’arbres malades (dont 8.000 ha d’épicéas en 2 ans) ont dû être récoltés ces dernières années. A l’heure de reboiser ces surfaces, beaucoup de questions se posent. Et ce, tant au niveau du choix des essences que de l’évolution de notre sylviculture. Nous, producteurs de bois,
entrepreneurs et exploitants forestiers, et transformateurs de bois, rappelons que le projet pilote d’aide au reboisement de la Ministre Céline Tellier ne portera des fruits que si les conditions d’octroi soutiennent une forêt plus résiliente mais productive.

Des aides à la régénération pour quel type de forêt ?

Notre ministre en charge des forêts, Céline Tellier, a promis en octobre dernier de venir en aide aux producteurs forestiers sinistrés, tant publics que privés, et nous en sommes heureux. Elle définit actuellement les conditions d’octroi de cette aide de 3 M€ (dont 50% pour la forêt privée et
l’autre moitié pour la forêt publique) qui fait partie d’un projet pilote d’un an.

En tant que bénéficiaires potentiels, les producteurs de bois sont convaincus qu’il faut veiller à une diversification plus importante des essences. Et qu’il faut choisir les esssences selon les spécificités du terrain (exposition, climat local, réserve nutritive du sol, humidité…). Pour autant, cette diversification doit se faire avec le plus grand nombre d’essences possible du Fichier Ecologique des Essences, y compris résineuses. Et il convient aussi d’éviter un mélange trop intime d’essences qui compliquerait, voire rendrait impossible la récolte, à terme, de la précieuse ressource naturelle qu’est le matériau bois, véritable or vert de notre région.

Régénérer, replanter, oui, mais comment ?

Nous héritons des paysages que des générations de forestiers passionnés ont plantés, entretenus et aidés à grandir selon les besoins et connaissances de leur époque. La forêt wallonne ressemble déjà à un patchwork de parcelles d’âges différents. Des parcelles qui appartiennent à une multitude de propriétaires et se composent d’un grand nombre d’essences. On parle de 43% de résineux et de 57 % de feuillus.

Aujourd’hui, toutes les essences forestières même indigènes souffrent. Parmi celles-ci, l’épicéa tant décrié par certains et adulé par d’autres, est victime d’attaques massives de scolytes. Surtout lorsque planté dans des conditions de sol et de climat qui ne sont pas idéales (en-dessous de 300m d’altitude). Mais l’épicéa n’est pas seul. Les frênes, hêtres, douglas, érables et mélèzes, et d’autres essences tant feuillues que résineuses sont aussi en souffrance.

Répondre aux défis

En tant que propriétaires et professionnels du secteur, nous sommes conscients des changements en cours. Et nous souhaitons diversifier progressivement le choix des essences et le type de sylviculture pour tenir compte des paramètres nouveaux en rapport avec l’évolution du climat. Concrètement, il s’agit d’adapter notre gestion forestière pour répondre de façon intégrée aux défis :

  • environnementaux : plus une forêt produit de bois, plus elle capture et fixe du carbone atmosphérique. La production d’un m³ de bois permet de stocker 1 tonne de CO2 …. tout en produisant un matériau écologique et renouvelable.
  • de biodiversité : la forêt est la partie de notre territoire la plus riche en biodiversité, préservée grâce à une gestion forestière durable.
  • économiques : assurer l’approvisionnement en bois local de nos entreprises de la transformation du bois à long terme, par la transformation en circuit court d’une ressource renouvelable issue de forêts gérées durablement. Près de 8.000 entreprises et près de 18.000 emplois sont concernés!
  • récréatifs : une forêt saine et bien entretenue sera nettement plus appréciée par les différents utilisateurs de la forêt.

De surcroît, la forêt est un espace de bien-être facilement accessible. Elle est un régulateur du cycle de l’eau et un refuge ultime de tranquillité pour la nature. De plus, la forêt assume pleinement toutes ses fonctions quand elle est en bonne santé.

Nos associations soutiennent dès lors tout projet innovant d’aides à la régénération, s’il est réaliste et axé sur la reconstitution d’une forêt productive, résiliente et structurée d’une manière telle que sa gestion puisse être rationnelle et durable.

Les signataires du communiqué de presse

Frédéric Petit, Président, NTF – Propriétaires Ruraux de Wallonie
Maxime Daye, Président, Union des Villes et des Communes de Wallonie
Dominique Godin, Président, Société Royale Forestière de Belgique
François De Meersman, Secrétaire Général, Confédération Belge du Bois
Thomas Davreux, Directeur Général, InduFed
Guy De Muelenaere, Conseiller, Fedustria Wallonie
Pierre Martin, Secrétaire Général, Febhel
Jonathan Rigaux, Président, Union Ardennaise des Pépiniéristes

Lire le texte au format PDF (communiqué de presse)

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