On entend souvent dire que la construction en bois est plus coûteuse que la construction conventionnelle. Mais qu’en est-il réellement ? Pour répondre à la question, Hout Info Bois vient de finaliser une étude approfondie qui a comparé les coûts d’une construction en bois par rapport à une construction conventionnelle en blocs de béton creux (pour la Wallonie) ou en blocs alvéolés de terre cuite (pour la Flandre). Géraldine Pety de Thozée, architecte en charge de l’étude chez Hout Info Bois, a répondu à nos questions sur cette étude.
Pourquoi une telle étude ?
Géraldine Pety de Thozée (Hout Info Bois) : L’objectif de l’étude était de déconstruire auprès du grand public, chiffres à l’appui, l’idée selon laquelle la construction bois est systématiquement beaucoup plus chère qu’une construction conventionnelle. Par ailleurs, les coûts à la construction sont une chose, mais il convient de considérer un projet de construction dans son ensemble. A ce niveau, la construction bois offre aussi de multiples autres avantages, tels que la rapidité d’exécution du chantier, une meilleure gestion des déchets, des performances thermiques et de confort intérieur accrues.
Quelles ont été les principales difficultés rencontrées ?
Il était nécessaire de faire des choix techniques qui permettent de comparer de manière cohérente une paroi ossature bois et un système porteur conventionnel (blocs de béton alvéolés pour la Wallonie et blocs de terre cuite alvéolés pour la Flandre). Ceci sans que des postes annexes viennent impacter cette différence de coûts. La démarche a été rigoureuse et nous a permis de rassembler des prix venant de différents types d’entreprises pour établir un estimatif et des moyennes représentatives de la réalité.
Certains professionnels de la construction, confrontés à ce type de projet, savaient déjà que la différence de coût entre les deux modes constructifs n’était plus très importante. Mais il était intéressant de pouvoir identifier les postes qui expliquaient que la différence n’est que d’à peine 4%. Tout d’abord, on a pu mettre en évidence la facilité de mise en œuvre de l’isolation associée à l’ossature bois et montrer que, si un candidat bâtisseur veut atteindre des performances thermiques supérieures, la différence de coût entre les deux modes de construction chute même à seulement 2,5%.
En réalité, la structure portante et isolée de notre projet en ossature bois n’est pas plus coûteuse que la structure portante isolée conventionnelle. Par contre, on a pu facilement dégager le poste principal responsable du ‘surcoût’ : il s’agit des finitions intérieures. Cette information permet donc aux candidats bâtisseurs de faire des choix en connaissance de cause.
Avez-vous été surpris par certains résultats ?
Oui, notamment par le fait qu’au moment où nous avons croisé tous les coûts d’entreprises, le coût du gros-œuvre fermé du projet en ossature bois présenté est tout à fait similaire, voire même inférieur probablement dans certains cas, au gros-œuvre du projet conventionnel. On peut dès lors imaginer qu’il est encore possible de réduire le coût de la construction bois lorsque le client prend l’initiative de démarches alternatives en ce qui concerne les finitions intérieures, comme par exemple l’autoconstruction.
Quelles ont été les premières réactions à la publication de l’étude ?
Les réactions ont été évidemment favorables. Les résultats permettent de mettre en avant un aspect de la construction bois qui était souvent considéré comme un réel frein et de rappeler qu’au-delà des coûts, dans un avenir proche, les avantages notamment environnementaux de ce type de construction prendront également le dessus.
Quelle suite donner à cette étude ? Quelles sont les prochaines étapes ?
Pour la suite, il serait intéressant d’élargir l’étude à d’autres types de bâtiments afin de convaincre les politiques de mieux valoriser la construction bois, tenant compte de leurs contraintes budgétaires. Au-delà des coûts initiaux de construction, il est essentiel de continuer à sensibiliser tous les acteurs aux coûts environnementaux et même à la valeur résiduelle d’un bâtiment si l’on voit à plus long terme le devenir du parc immobilier.
Un message pour nos membres ?
Pour les consommateurs, la construction bois est un mode de construction largement perçu comme ‘cher’, voire ‘très cher’. Face à cette idée tenace, de nombreux candidats bâtisseurs écartent intuitivement cette option, convaincus qu’elle est inaccessible financièrement. Cette étude a le mérite de démontrer clairement que cela ne colle pas tout à fait à la réalité. En faisant certains choix éclairés (notamment sur les finitions intérieures), il est parfaitement possible de construire en bois dans une enveloppe budgétaire comparable au traditionnel. Ce message me semble important à véhiculer à grande échelle pour l’avenir du secteur. D’autant que construire ou rénover en bois devient de plus en plus une démarche incontournable pour répondre aux enjeux sociétaux de réduction de notre empreinte environnementale.
Photo : (c) Hout Info Bois
Consultez l’étude complète sur le coût de la construction en bois
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