L’avenir des forêts fait l’objet de nombreux débats. Mais qu’en est-il de la régénération des forêts en Belgique ? Quelle est la place de la production dans la vision politique ? Quid de l’équilibre feuillu/résineux ? Et comment tendre vers une forêt plus résiliente ? Voici la vision de la Confédération Belge du Bois. 

Certains voulant tout axer sur la biodiversité, la Confédération Belge du Bois propose une gestion durable et multifonctionnelle, tenant compte bien évidemment : 

  • de la biodiversité : la forêt est d’ailleurs la partie de notre territoire la plus riche en biodiversité ;
  • des aspects récréatifs ;  
  • des aspects socio-économiques ;  
  • mais en n’oubliant pas les autres aspects environnementaux dont leur rôle vis-à-vis du climat, comme le rôle de puit de carbone des forêts et le rôle environnemental du bois dans la construction ;  
  • ainsi que la production d’un matériau naturel, écologique et renouvelable.   

 

La forêt face aux changements climatiques 

La forêt a certes souffert ces dernières années des conditions climatiques sèches et chaudes. Nous en avons déjà parlé dans de précédents numéros de Bois Entreprise. Ces conditions ont notamment fragilisé certains épicéas qui ont été attaqués par les scolytes (qui ont trouvé les conditions idéales à leur prolifération). Néanmoins, il ne faut pas oublier que l’épicéa n’a pas été la seule essence à souffrir de ces conditions météorologiques extrêmes. Elle n’est pas la seule à subir des problèmes sanitaires. Nous pensons notamment aux dépérissements du hêtre et du chêne, à la chalarose sur le frêne, à d’autres problèmes sanitaires sur l’érable, le douglas, le pin, le mélèze…  

La forêt souffre, c’est une certitude. Mais la situation est-elle si dramatique que certains veulent le faire croire ? Difficile en effet de répondre à cette question. Surtout lorsqu’on parle d’une production qui se réalise sur des décennies. Faut-il modifier les pratiques sylvicoles pour anticiper les changements climatiques ? Oui, probablement. Mais attention à ne pas tomber dans un autre extrême. Veillons à respecter l’équilibre feuillus-résineux, garant d’une certaine diversification. Et à maintenir une production forestière suffisante pour répondre aux objectifs climatiques et de développement socio-économiques. Faut-il rappeler que ces derniers sont complémentaires au maintien voire au développement de la biodiversité forestière ? Ce sont les fondements mêmes de la gestion durable de la forêt !  

 

Diversifier la forêt 

Il est plus que probable que les propriétaires forestiers diversifieront leurs régénérations forestières pour diminuer les risques sanitaires. Toutefois, la diversification n’empêche pas de maintenir une production forestière. La diversification ne veut pas dire non plus le remplacement du résineux par du feuillu. Souvenons-nous que l’équilibre feuillus résineux est d’ailleurs prôné dans le Code forestier wallon. Enfin, la diversification ne signifie pas qu’il faille oublier toutes les expériences du passé et les bases scientifiques telles que le fichier écologique des essences !   

 

Une sélection du matériel forestier de reproduction avec une vision évolutive et adaptative ?  

La diversification permettra aux propriétaires forestiers de limiter les risques. Cependant, elle ne mettra pas fin aux problèmes sanitaires subis par les différentes essences forestières. Au mieux, elle les atténuera. Comment contrer ces problèmes sanitaires et donc développer une forêt résiliente dans son ensemble ? Misons sur l’adaptation des essences aux stations et aux changements climatiques. Dans ce contexte, il est pour le moins regrettable que les investissements en termes de recherche en génétique forestière aient été réduits au strict minimum ces dernières années. Car c’est en effet la sélection de matériel forestier de reproduction résistant aux changements climatiques et aux risques sanitaires qui permettra de régénérer notre forêt de manière résiliente. On ne parle évidemment pas de modification génétique, mais de sélection avec une vision évolutive et adaptative. 

Garantir une forêt résiliente passe par deux points. D’une part, par l’utilisation de graines issues de peuplements ou d’arbres résistants et adaptés à l’évolution. D’autre part, par le choix des essences feuillues et résineuses les plus adaptées aux stations ! 

Bref, développons une forêt diversifiée, équilibrée et résiliente, en évitant certaines pratiques extrêmes. Mais maintenons une production forestière suffisante pour répondre aux objectifs climatiques et socio-économiques. Qui sont par ailleurs tout à fait compatibles avec le la biodiversité et les aspects récréatifs !  

 

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