Ce 19 octobre 2020, la Ministre wallonne de la nature et de la forêt, Céline Tellier, annonce une aide à la filière forêt-bois. Le Gouvernement de Wallonie a approuvé un premier soutien régional de 3 millions d’euros. Le but? Inciter les propriétaires forestiers à investir dans la régénération des forêts.

La Confédération Belge du Bois se réjouit de ce premier soutien à la filière forêt-bois. D’autant qu’elle subit ou subira à terme les graves conséquences des problèmes sanitaires forestiers. Ceux-ci menacent en effet l’avenir de la filière locale du bois mais également le rôle de puit de carbone de la forêt et du matériau bois depuis de nombreuses années.

Forêt résiliente?

La Confédération s’étonne toutefois de l’affirmation selon laquelle seule 5 % de la forêt wallonne actuelle serait résiliente. Le Code Forestier prévoit en effet, lors de toute régénération artificielle, une installation des essences en conditions optimales ou tolérées selon le fichier écologique des essences. Par exemple, peu d’attaques de scolytes affectent les épicéas gérés de manière adéquate et situés en condition optimale.

Elle demande de prendre en compte les caractéristiques technologiques des essences subventionnées. Car le rôle de puit de carbone d’une forêt ne peut être garanti que si le CO2 est stocké par la suite dans le matériau bois, une fois l’arbre transformé. D’un point de vue technologique, le saule n’a sans doute, et dans le contexte actuel, aucun avenir. Des questions peuvent également se poser vis-à-vis du bouleau. Les entreprises ne trouvent actuellement pas ou peu de débouché pour cette essence. Quoiqu’il en soit, il faudra aussi soutenir le secteur. Et ce afin de développer la valorisation d’éventuelles nouvelles essences, aussi bien feuillues que résineuses.

Diversité forestière déjà garantie

La Confédération Belge du Bois rappelle également que la diversité forestière et donc la résilience de la forêt est déjà garantie. Lisez le premier article du Code Forestier. « Le développement durable des bois et forêts implique plus particulièrement le maintien d’un équilibre entre les peuplements résineux et les peuplements feuillus, et la promotion d’une forêt mélangée et d’âges multiples, adaptée au changement climatique, et capable d’en atténuer certains effets ».

Or, on ne respecte plus l’équilibre des peuplements feuillus et résineux actuellement. On tend vers une proportion 60 % feuillus et 40 % résineux. La Confédération rappelle aussi l’importance du secteur résineux en termes d’emploi et de valeur ajoutée en Région wallonne. Cela représente 80 % de la filière wallonne du bois. Afin de maintenir cet emploi local et rural, il convient de mettre tout en œuvre pour rétablir cet équilibre dans les meilleurs délais. Aussi, la régénération de nombreux peuplements feuillus comme résineux reste malheureusement largement insuffisante pour répondre aux objectifs de forêts d’âges multiples. Espérons que la ressource locale et durable pourra subvenir aux besoins futurs en bois de notre société. N’oublions pas que la biodiversité est tout à fait conciliable avec une production de bois quantitative et qualitative.

La régénération des forêts commence par…

Comme le dit la Ministre wallonne de la Forêt et de la Nature, Céline Tellier, plus de la moitié de la forêt wallonne est composée d’espèces sensibles aux changements climatiques comme le hêtre, l’épicéa, le frêne, le chêne et le douglas. Il est dès lors en effet primordial de préparer une forêt plus résiliente à terme. Commençons par étudier les causes des dépérissements mais aussi les raisons de la résistance de certains arbres et/ou peuplements. Quid de la station, de l’exposition, du type de sylviculture appliquée, de l’amendement, du piégeage des insectes ravageurs? Et sélectionnons les sujets résistants aux changements climatiques pour garantir des régénérations futures adaptées. Malheureusement, depuis de nombreuses années, la Région wallonne a sous-investi de manière structurelle. Et ce, tant en termes de recherche que de sélection forestière. Avec pour résultat que nous ne pouvons fournir des plants résilients en quantité suffisante pour l’avenir de la forêt.

Enfin, le secteur des entrepreneurs de travaux forestiers, espère une adoption rapide de l’arrêté de mise en œuvre de ces aides. Un effet d’annonce risquerait en effet d’engendrer un report des travaux de plantation prévus en 2020 et 2021. Les propriétaires et gestionnaires forestiers auraient sans doute tendance à attendre pour pouvoir bénéficier de l’aide. Ce qui serait évidemment catastrophique pour tout ce secteur. N’oublions pas que ses compétences permettront de garantir des plantations de qualité. Un point indispensable en ces périodes climatiques compliquées pour la reprise des plants.

Favoriser l’emploi local

Espérons que les fonds publics pour la régénération des forêts favoriseront un emploi local et compétent pour assurer l’avenir d’une forêt résiliente. Mais aussi que les conditions d’octroi permettront de garantir une gestion durable des forêts. Notamment par un entretien régulier des peuplements garant de la production d’un matériau de qualité, local et environnementalement bénéfique. La Confédération Belge du Bois se tient à la disposition de la Ministre Tellier et du Gouvernement wallon pour définir la mise en œuvre de cette première aide souhaitée par toute la filière forêt-bois.

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